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Aérodrome : Le grand mensonge (4/5)

L’agglomération a-t-elle tenté d’échapper à une étude environnementale sur le projet de l’aérodrome ?

LOGIQUE

Une autorisation environnementale est nécessaire pour un projet lorsque celui-ci est susceptible d’avoir des impacts significatifs sur l’environnement. Logique. Est ce qu’un avion pollue ? Est ce qu’un aérodrome a un impact sur son environnement ? La réponse est évidente mais pas pour l’agglomération..

ENCLAVÉ

En mars 2021, lors de sa demande préalable auprès de l’autorité environnementale, l’agglomération écrit : “La réalisation d’une étude d’impact ne semble pas nécessaire.” Pour rappel, l’aérodrome est enclavé entre une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF 2), deux zones Natura 2000 et plusieurs habitations.

Deux mois après, la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) répond. Elle souligne les lacunes du projet et exige une étude d’impact complète ainsi qu’une consultation publique. C’était nécessaire donc..

SENSIBLE

L’agglomération sous-estime-t-elle alors l’impact environnemental du développement de l’aérodrome ?

En 2023, c’est au tour de la Mission Régionale d’Autorité Environnementale (MRAE) d’évaluer le projet. Initialement déclaré à 7 hectares pour éviter une étude d’impact, l’agglomération révèle désormais un projet d’une superficie de 46 hectares. L’étude d’impact est désormais obligatoire selon la loi.

La MRAE souligne également la sensibilité environnementale du site qui abrite des habitats et des espèces uniques localement. Deux d’entre elles sont protégées : la Sérapias à petites fleurs au niveau national et la Centaurée maritime au niveau régional.

GREENWASHING

La proposition de panneaux photovoltaïques pour compenser l’empreinte carbone des avions est remise en question pour son manque de cohérence avec les mesures de préservation environnementale. Traduction : c’est du greenwashing.

Le projet est qualifié comme contraire à l’objectif d’atteindre la neutralité carbone, pourtant voté dans le Plan Climat Air Énergie du Territoire (PCAET) de l’agglomération des Sables d’Olonne.

Pour la MRAE, le maître d’ouvrage, en l’occurrence l’agglomération, “ne garantit pas que le projet respectera le code de l’environnement.” Et son étude d’impact est jugée insuffisante car incomplète. Rien que ça !

IL PERSISTE ET SIGNE

Les réponses de l’agglomération à cette évaluation sont pour le moins surprenantes :

Les nuisances des avions ? “négligeables pour les espèces protégées, étant donné qu’elles vivent déjà dans un environnement soumis à des perturbations fréquentes et s’en accommodent bien.”

BAMBI

Les incidences sur les espaces protégés et leur habitat ? “non significative (…) Aucune mortalité associée aux décollages ou aux atterrissages d’avions sur la faune locale (…) Une fauche dite « sympa » pour faciliter la fuite des animaux devant la faucheuse et pour repousser la faune vers les bordures” est même prévue. Fuyez pauvres fous !

TOUJOURS PAS NÉCESSAIRE

Enfin, la MRAE se demande si le projet d’aérodrome relève d’une « raison impérative d’intérêt public majeur ». En d’autres termes, il doit prouver qu’il est essentiel pour le bien public. Et donc qu’il justifie la dégradation d’espèces et d’habitats protégés.

Réponse de l’agglomération : une dérogation n’est pas nécessaire. Comme l’étude d’impact en sommes..

Annexe 5 – Arrêté de l’autorité environnementale

Anthony Bourget

L’agglomération a-t-elle tenté d’échapper à une étude environnementale sur le projet de l’aérodrome ? LOGIQUE Une autorisation environnementale est nécessaire pour un projet lorsque celui-ci est susceptible d’avoir des impacts significatifs sur l’environnement. Logique. Est ce qu’un avion pollue ? Est ce qu’un aérodrome a un impact sur son environnement ? La réponse est évidente […]