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Far West à l’aérodrome : Entre impasse et incompréhension (1/5)

Texte 1 aérodrome

Il est devenu le symbole des tensions et le révélateur de la cacophonie administrative autour de l’aérodrome : l’autogire. Un petit avion avec une grande hélice rotative au-dessus qui lui permet de voler comme un hélicoptère. Aux Sables d’Olonne, l’entreprise Les Ailes Vendéennes propose des vols touristiques avec cet appareil depuis 2021. Son défaut : faire du bruit au moment où l’agglomération lance son projet d’optimisation de l’aérodrome.

UNE CACOPHONIE ADMINISTRATIVE

Tout commence en juin dernier, lorsque l’Agglomération met fin à l’Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) de l’entreprise sur le site de l’aérodrome.

Une décision prise lors d’une commission de suivi avec le préfet et les autres usagers de l’aérodrome (Voir annexe). Cependant, une lecture du compte-rendu de cette réunion révèle un détail troublant : aucune mention de la fin de l’AOT n’y est faite. Alors qui a pris cette décision ?

Malgré l’avis d’expulsion émis par l’Agglomération et même la visite des forces de l’ordre, la société Les Ailes Vendéennes a donc “le droit de voler si elle le souhaite, seulement pas dans le cadre de son commerce”, précise Alain Blanchard, alors vice-président de l’Agglomération. Une mesure inefficace qui mécontente les riverains et cloue au sol une entreprise.

CONTRESENS

Après tous ces épisodes, Alain Blanchard prévient : l’Agglomération “a demandé à l’aéroclub d’être attentif et de nous signaler à nous ou à la police” si l’autogire vole dans le cadre de son activité commerciale. Deux mois plus tard, il propose dans la presse une nouvelle AOT pour l’autogire en 2025.

En résumé : aujourd’hui, l’agglomération attaque Les Ailes Vendéennes en justice. Le lendemain, elle lui déroule le tapis rouge pour s’installer sur le nouvel aérodrome. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

TENSIONS

Les riverains peuvent avoir la critique facile. Sauf que là, les faits leur donnent raison :

Le nombre de mouvements (soit un atterrissage ou un décollage) a doublé depuis le développement du parachutisme. Et il va continuer de croître de 30% d’après les chiffres de l’agglomération.

Depuis 2011, une charte de bonne conduite est censée régir les usages de l’aérodrome (Voir annexe 2). Mais paradoxalement les plaintes se sont multipliées.

QUAND C’EST FLOU, C’EST QU’IL Y A UN LOUP

Même la Mission Régionale de l’Environnement et de l’Aménagement (MRAE) pointe du doigt une charte aux termes génériques.

Extraits : “les pilotes s’engagent en priorité à utiliser les appareils équipés d’un réducteur de bruit ou les moins bruyants” ; “les propriétaires équiperont progressivement leur aéronef d’appareil réducteur de bruit lorsque les équipements certifiés sont disponibles” ; “les pilotes respecteront autant que possible les horaires recommandés par cette charte.” On a connu plus contraignant..

Dans les faits, les plaintes font état de survol à basse altitude, de non-respect des horaires de vol, d’absence de contrôle des mouvements et la présence d’avions dépourvus de silencieux. Cette situation engendre un sentiment d’impunité chez les riverains, qui expriment des inquiétudes croissantes pour leur santé, notamment en raison des nuisances sonores.

L’agglomération peut mettre en place un Plan d’Exposition aux Bruits pour protéger riverains et usagers de l’aérodrome mais ne le fait pas. Plusieurs aérodromes français, de même classement, bénéficient de ce plan. La charte semble dépourvue de toute valeur, laissant les riverains dans une situation d’insécurité juridique et environnementale préoccupante.

Dans ce contexte de cacophonie administrative, de confiance rompue avec les riverains, d’impossible respect d’une charte, peut on développer un projet d’aérodrome ?

Annexe 1 – Commission de suivi 2023

Annexe 2 – Charte de bonne conduite

Anthony Bourget

Il est devenu le symbole des tensions et le révélateur de la cacophonie administrative autour de l’aérodrome : l’autogire. Un petit avion avec une grande hélice rotative au-dessus qui lui permet de voler comme un hélicoptère. Aux Sables d’Olonne, l’entreprise Les Ailes Vendéennes propose des vols touristiques avec cet appareil depuis 2021. Son défaut : […]