Opinion #2 : Patrouille avec la Police Municipale

Bonjour à toutes et à tous. C’est les vacances de la Toussaint. Si vous nous découvrez pour la première fois, bravo pour votre audace et surtout, bienvenue parmi nous. Prenez un café, frottez-vous les yeux, c’est parti pour le réveil politique.

PAT’PATROUILLE

La ville construit un nouvel hôtel de police de 900m2 et un centre de supervision urbain. Comprenez, un agent, un mur d’écrans et des caméras de surveillance. Coût de l’opération : entre achat et travaux, 2,4 millions d’euros. 

De gros moyens mais pour quels besoins ? J’ai souhaité le vérifier, moi-même, sur le terrain en effectuant une patrouille avec la police municipale au mois d’août.

Premiers constats : le local est un véritable moulin à vent. Pas de confidentialité ni de sécurité possible. Le changement de lieu est donc nécessaire. Mais paradoxalement notre police municipale est aussi mieux équipée que la police de Nice me confie l’adjoint à la sécurité, Michel Baudouin. Pistolets, gilets pare-balle, caméras-piétons, matraques, tasers, voitures et j’en passe !  

Extrait du conseil municipal : Je crois que nous ne sommes pas au bout de nos investissements ni de nos recrutements pour renforcer la capacité opérationnelle de notre police municipale parce que c’est une exigence aujourd’hui que de combattre l’insécurité qui grandit aux Sables d’Olonne” répond Yannick Moreau

CONTRE-SOIRÉE   

En patrouille, le discours n’est pas le même. On parle plutôt d’incivilités que d’insécurité. Et les missions des policiers municipaux se révèlent être très diverses : 

La majorité des appels reçus en mairie concerne “amendes et stationnement”, notamment l’été. Les conflits entre voisins représentent aussi plusieurs interventions. On parle d’un seuil de tolérance des habitants de plus en plus bas au sein des services. Et la nuit, on fait la chasse aux mictions. Soit, à ceux qui urinent dans la rue. 

Au rang également des tracas estivaux : les vols de vélo. Une “tradition” aux Sables d’Olonne, me dit-on. Et cet aveu d’impuissance de la police nationale qui en appelle à la prudence des citoyens dans la presse. 

Autre tracas, les dégradations régulières des concessions de plage, surtout des tentes. Et ce en présence des CRS cette saison. 

Extrait du conseil municipal : “On a à faire à des personnes qui créent des dégâts sur les concessions de plage depuis à peu près mi-juin et cela commence à être répété chaque nuit et on a besoin d’interventions fortes pour pouvoir être plus présents et limiter cette casse” répond Jean-Eudes Casses

IL Y EN A POUR TOUT LE MONDE 

Les policiers municipaux sont aussi sollicités sur la circulation routière, les dépôts sauvages, les animaux errants, l’encadrement de cérémonies publiques, les marchés, la sécurité des écoles, etc…

Aux Sables d’Olonne, ils s’occupent également des aires des gens du voyage, avec plus ou moins de succès. Mais aussi des nudistes ! De vrais bandits ! Considérant que c’est une atteinte à la pudeur, le Maire a demandé à la police de surveiller les culs-nus ! Une opération digne du gendarme de Saint Tropez !

Extrait vidéo du film Le Gendarme de Saint Tropez : nudistes

IDÉE ÉLECTORALE 

Enfin, tout juste converti à l’écologie, le Maire, Yannick Moreau, envisage de lancer une brigade verte. Peu convaincus, les policiers et leur boss espèrent ne pas trop courir après les papiers. Confidence de l’un d’eux. “On a beaucoup à faire, le territoire est grand, difficile de prendre en flagrant délit un jeteur de papiers.”

PIERRE ET LE LOUP 

Au terme de cette patrouille, il apparaît que notre ville est sûre. Les statistiques nationales nous le confirment. Cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Simplement, il y a un décalage entre les moyens attribués à la police municipale et la gestion des incivilités. Qui d’ailleurs ne trouvent, aujourd’hui, pas ou peu de réponses. A force de vouloir faire de la police municipale une seconde police nationale, la ville se retrouve à “écraser une mouche avec un marteau-pilon.” Mais surtout, elle prend le risque de délaisser les réels problèmes du quotidien des Sablais. 

3 thoughts on “Opinion #2 : Patrouille avec la Police Municipale

  1. Les propriétaires de milliers de résidences secondaires aux Sables ne votant pas aux élections municipales, ne peuvent exprimer concrètement leurs opinions. On ne peut pas dire que ce soit un bel exemple de démocratie mais ce n’est pas propre aux Sables évidemment.
    On peut toujours disserter sur l’insécurité ou le sentiment d’insécurité, ce qui ne revient pas au même. L’inflation de dépenses est la plupart du temps la solution primaire qui s’impose, faute de réflexion plus approfondie. C’est simple. Il suffit de faire payer, de préférence ceux qui ne votent pas.
    Ce serait utile d’avoir une discussion sur la meilleure manière consensuelle de gérer les problèmes d’insécurité constatés aux Sables, qui sont assez ponctuels, l’été, compte tenu de l’afflux de touristes. Est ce que ca nécessite vraiment la mise en place d’infrastructures coûteuses, d’un centre de supervision, qui ont vocation à fonctionner toute l’année. Ca se discute, et au moins « sablais.net » permet des échanges.

  2. Cela fait quand même 2 étés qu’il y a de grosses rixes sur les Sables le soir. Le maire a appelé le ministre de l’intérieur pour demander des renforts.
    L’essentiel est de résoudre ces problèmes d’incivilites, de violences, nottament l’été.
    La police avait besoin de nouveaux locaux indiscutablement. Pour l’équipement c’est une autre question : est ce que le sur-équipement de nos policiers va permettre de lutter contre la violence ?

  3. On suppose que les investissements dans l’augmentation des moyens de police municipale seront financés par les taxes sur les résidences secondaires ?
    A ce propos, peut on savoir ce que rapportent les milliers de touristes qui fréquentent les Sables toute l’année et en particulier l’été ? Certes il y a aux Sables beaucoup de résidences secondaires mais il faut bien loger les visiteurs.
    Le problème est bien le manque de résidences principales louées à l’année, dont il faut favoriser la construction, sans trop limiter les résidences secondaires.
    Que va t’il se passer d’ailleurs si les résidences secondaires sont transformées en résidence principales: plus de taxe d’habitation, perte de recettes pour la mairie…
    Bref, comme souvent on « traite » un problème : le manque de logement à louer à l’année, en taxant.

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